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Quel vernis doré ?

Comment transformer un drame intime en manifeste universel ? En publiant The event en 2000, Annie Ernaux a raconté une période, qu’elle croyait terminée. 21 ans plus tard, l’adaptation du roman d’Audrey Diwan intervient à un moment où le droit des femmes de disposer de leur corps est menacé partout dans le monde. Ce triste timing donne une dimension supplémentaire à la sortie du film mercredi. Heureusement, elle ne peut toutefois pas résumer le travail admirable de ce cinéaste franco-libanais de 41 ans, récompensé par le Lion d’or à la Mostra de Venise en septembre dernier.

Un suspense physique et psychologique

C’est en 1963 et Anne, brillante étudiante en littérature, découvre sa grossesse lors d’un examen médical de routine. Sans le savoir, le spectateur vient d’entrer dans un terrible cycle avec elle. Parce que non seulement l’avortement est interdit par la loi. Mais le simple fait de parler de elle menace le statut social de cette jeune femme issue d’un milieu modeste. Dès lors, Audrey Diwan orchestre un terrible suspense, rythmé par les semaines successives de grands, et dont la mise en scène méticuleuse transmet la dimension à la fois physique et psychologique. Un geste, un regard, un mot dont on se souvient… Tout compte, tout sera décisif.

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Et l’événement impressionne, c’est aussi par sa capacité à jouer avec tous les clichés du film d’époque pour porter un regard nouveau sur la condition des femmes dans la France d’après-guerre. Sous le vernis apparent des jolis costumes et des belles coiffures, derrière les sourires de façade et les chants oscillants, Audrey Diwan raconte une société patriarcale où la capacité des femmes comme Anne à maîtriser leur destin effrayées, à qui elles refusent la maternité, aspirent à un métier créatif ou Je cherche juste à m’amuser. C’était il y a un demi-siècle et de la poussière et ce n’est malheureusement pas un film d’horreur.

Pour incarner cet intemporel héroïne, la réalisatrice a fait appel à Anamaria Vartolomei, visage encore nouveau dans le cinéma français, même si elle a fait ses débuts à l’âge de 10 ans dans Ma petite princesse aux côtés d’Isabelle Huppert. Sa performance est la clé de voûte d’un projet qui nécessitait une présence, une force de jeu, une conviction extraordinaire. Elle coche toutes les cases et plus encore. Dans la liste des présélectionnés au César de la révélation féminine, dévoilée il y a quelques jours, elle mérite d’être nominée au César de la meilleure actrice, point final. Et pour gagner, bien sûr.

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>> L’événement d’Audrey Diwan. Avec Anamaria Vartolomei, Kacey Mottet Klein, Pio Marmaï. 1h40. À l’intérieur.

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